La nécropole d'Okabe




Près du sommet d'Okabe au dessus de la forêt d'Iraty, l’horizon immense depuis le plateau d’Ilarita, à 1 362 mètres d’altitude, le silence et l’atmosphère de recueillement qui imprègnent ces lieux. Rien ne semble avoir changé depuis que les tous premiers pasteurs Basques ont atteint ces hauts pâturages au cours du IIIe millénaire av. JC.
Les cercles de pierre ( ou cromlechs, ou baratz en basque) les tumulus simples ( tertres de pierres ou de terre) et les tumulus-cromlechs qui associent les deux précédentes techniques. Ces trois modalités ne sont que des variantes du même rite. 
Avec l’incinération, le corps est brûlé, détruit, ( pour certains la fumée du bûcher emporte l’âme vers les divinités…).
Incinération et construction du cromlech - dessins Jacques Blot
Les monuments, qui ne sont dédiés qu’à une seule personne, sont à peine visibles une fois la cérémonie achevée, en particulier pour les cromlechs dont l’essentiel des structures, parfois très soignées, très sophistiquées, reste caché sous terre.
Structure du cromlech après fouilles - photo Jacques Blot
 Les offrandes, nous le verrons, sont absentes ou fragmentaires, et surtout, les restes humains eux aussi peuvent être absents ou infimes. L’aspect symbolique prends ici le pas sur l’aspect matériel.
La mort en montagne peut, comme partout ailleurs, avoir de multiples causes : maladie, chute, foudre, animaux sauvages, ou même homicide. Mais il semble que tous les défunts sur les estives n’ont pas bénéficié d’un monument à incinération ; en effet, si l’on compare les presque trois millénaires de cette pratique avec le nombre de vestiges retrouvés ( surtout si l’on considère que chaque monument n’était consacré qu’à seule personne, ) il devrait y en avoir beaucoup plus, même en tenant compte des monuments encore ignorés ou détruits depuis.
On peut donc supposer que certains défunts ont été incinérés, et leurs cendres dispersées au vent, ou jetées dans un ruisseau de montagne, ou déposées dans une grotte, ou même simplement enterrées ; d’autres cadavres ont pu être exposés aux vautours…

Certains critères devaient donc présider au choix des bénéficiaires d’un monument, très probablement des critères de position dans l’échelle sociale de l’époque, la société de l’Age des Métaux étant déjà une société hiérarchisée, avec ses « prêtres », (ou chamans ), ses forgerons, ses chefs guerriers, ses « chefs bergers » etc.
La nécropole d'Okabe et le pic d'Orhy