L'histoire du téléphérique d'Iraty

En 1924 Alexis et Paul Pédelucq originaires de Habas (Landes), et déjà propriétaires des scieries, décident d’exploiter le bois de la forêt d'Iraty côté français.
Le projet prend forme et La *famille Moretti, et son équipe construise le plus long téléphérique d'Europe de 19 km en trois sections. En 1927, la scierie employait environ 400 personnes (150 dans la forêt, 50 sur le plateau et 200 à l’usine).
*C'est la même famille Moretti qui dirigea la construction de la fameuse passerelle d'Holzarté à Larrau pour la compagnie Lombardie Morello à Tardets.
La scierie de Mendive vers 1930

La scierie de Mendive vers 1930
En 1942 la scierie de Mendive est rachetée par Cyrille Pomerantzeff via sa société "Trait d'Union", le directeur de l'exploitation sera *Charles Schepens sous le nom de Jacques Pérot, un jeune ophtalmologiste belge, qui s'installe en 1942 avec sa famille à Mendive, il remet en service la scierie et son câble.
Remplacement d'une partie des cables en 1942
En 1950, un ingénieur des eaux et forêts estime qu’après trente ans de coupe intense, la stabilité du terrain était menacée et interdit l’exploitation de la forêt. Cela signifie alors la fin de la compagnie d’'Iraty.
Le chalet Pédro
*Fils d'un médecin, Charles Schepens (1912 - 2006) est né à Mouscron en Belgique, acheva ses études médicales et entra dans le service de santé des armées au moment ou l'Allemagne envahissait la Belgique en mai 1940. En 1942, poursuivi par la Gestapo, Charles Schepens s'enfuit vers la France et s'engage dans la Résistance Belge "le Réseau Zéro".
Carte d'identité de Jacques Pérot
Avec la couverture de la scierie d'Iraty, Schepens avec le passeur Jean Sarrochar a aidé plus de 100 personnes à s’enfuir de l'Europe occupée par les nazis, y compris des fonctionnaires et des chefs de la résistance Belge, des prisonniers de guerre échappés et des pilotes alliés. La majorité, cependant, étaient de jeunes Français échappant au STO.
Carte de la Compagnie d'Iraty de Jacques Pérot
L’aventure de Schepens a duré jusqu'en 1943, quand un membre de la résistance a mentionné son nom a la Gestapo sous la torture. Schepens est parvenu à s’enfuir  avant d’être arrêté, mais sa famille a été placée en état d'arrestation et une récompense 100.000-franc a été mise sur sa tête.

Les Allemands ont espéré piège Schepens en utilisant sa famille comme amorce, mais le plan a été contrecarré quand l'épouse de Schepens réussi à s’échapper avec ses enfants. Neuf mois plus tard la famille était réunie en Angleterre.
Charles Schepens et ses enfants à Lecumberry en 1943
Schepens est revenu à Moorfields où, dans les années d'après-guerre, il a développé l’ophtalmoscope binoculaire indirect, un instrument maintenant couramment utilisé pour observer la rétine.

En 1947 il s'exile aux USA en tant qu’associe à l'école médicale d'Harvard. Deux ans après, il est devenu le directeur et fondateur du service de la rétine à la fondation yeux-oreilles du Massachusetts. Il a établi plus tard la base des travaux sur la rétine à Harvard (maintenant l'institut de recherche des yeux Schepens).

Au cours de ces années, lui et son équipe ont développé la chirurgie de laser, nouvel équipement tel que le laser Doppler et forme plusieurs générations des spécialistes rétiniens, pratiquant maintenant de par le monde.

Schepens n'a jamais parlé à ses collègues au sujet de son travail dans la résistance, et son rôle a été découvert seulement par hasard en 1983 quand une historienne américaine, Meg Ostrum, en vacances dans les Pyrénées, a rencontré un prêtre qui a parlé chaudement de "Jacques Perot", qu’il savait être un docteur belge habitant à Boston, et qui avait fait de grandes choses dans le village pendant la guerre. En 2004 elle a publie «Le chirurgien et le berger », au sujet de ses exploits de temps de guerre.
Quelques jours avant sa mort, survenue le 28 mars 2006 a l’âge de 94 ans, Charles Schepens a été décoré de la Légion d’Honneur Française. Il était temps.