La grotte sanctuaire d'Harpeko Saindua

La partie navarraise de l'Artzamendi est constituée d'un vaste plateau incliné issu de l'Iguzkimendi, interrompu brutalement au dessus de la vallée d'Aritzakun par des falaises haute de 200m de hauteur au niveau des Peñas d'Itsusi. En basque, Itsusi signifie "vilain" voire "affreux". Itsusiko Harriak veut donc dire les vilaines roches.
Les Peñas d'Itsusi
En bordure du sentier du GR10 au dessus de la ferme Arruxia sur la commune de Bidarray, se trouve la grotte sanctuaire d'Harpeko Saindua (Harpeko Saindua signifie en basque « la sainte (ou le saint) de la grotte »)
Les Peñas d'Itsusi et l'entrée de la grotte d'Harpeko Saindua

L'entrée de la grotte d'Harpeko Saindua

La grotte d'Harpeko Saindua
Au fond on y découvre une stalagmite évoquant une image humaine.
La stalagmite d'Harpeko Saindua
Une légende raconte qu'un jour, une jeune bergère était partie chercher ses chèvres. Elle alla vers les rochers sous les falaises de l'Artzamendi.
Ne la voyant pas revenir, les hommes partirent à sa recherche. L'un d'eux découvrit l'ouverture d'une grotte, et il trouva la jeune fille pétrifiée, figée à jamais dans le rocher. Selon certains témoignages recueillis par le père Barandiaran, c'est une traînée lumineuse (semblable à celle que peut laisser le passage de Mari) dans le ciel qui indiqua l'emplacement de la grotte. À cause de l'eau qui en coulait goutte à goutte, on l'appela la « sainte qui pleure ».
On commença à y venir, de très loin, pour solliciter ses vertus thérapeutiques : ses fidèles recueillaient sur des linges l'eau suintant, et elle était supposée guérir les maladies de peau et des yeux lorsqu'on en frottait les parties atteintes. Un grand pèlerinage avait lieu chaque année pour la Trinité. Les fidèles plaçaient des bougies devant la stalagmite, et laissaient des offrandes : pièces de monnaie, petites croix, vêtements des malades, mouchoirs.
La pratique des offrandes n'est pas spécifique au Pays basque, et remonte à bien avant le christianisme. Avant la « sainte de la grotte », c'est la figure de Mari, la grande déesse des Basques, qu'on y vénérait. Aujourd'hui, il est courant d'appeler ce personnage Saint Bidarray.

Bibliographie : José Miguel Barandiaran et traduit et annoté par Michel DuvertDictionnaire illustré de mythologie basque . Olivier de Marliave et Jean-Claude Pertuzé, Panthéon Pyrénéen, Toulouse, Loubatières, 1990.
La stalagmite d'Harpeko Saindua