Le village de Mouguerre - Mugerre

En 1249, la paroisse de Mouguerre (Mugerre) se nomme Saint Jean de Biudz, nom que l’historien Eugène Goyeneche rapprochait de Beios, ancien nom de la maison forte de Miotz, à Villefranque. Le nom de Saint-Jean permet de supposer que la création de la paroisse date d’un peu avant 1100. Le nom de Mouguerre apparaît pour la première fois en 1566 sous la forme de Muguerro qui peut s’expliquer par la traduction basque de muga qui signifie « frontière », car Mouguerre se situait à la limite administrative et linguistique du Labourd et des Pays Gascons. Jean-Baptiste Orpustan, fait dériver Mouguerre de Mugaharri qui signifie « rocher de la frontière », mugaerre « frontière brûlée » ou mugaberri « nouvelle frontière ».

Le site de la Croix de Mouguerre  promontoire désert de végétation et d’aspect sauvage, était appelé autrefois, selon la tradition orale, Akelarre, mot basque signifiant “ lande du sabbat ”. Après qu’au XVIIè siècle une traque acharnée fut menée contre les sorcières ou prétendues telles, l’Eglise voulut que l’on changeât cette appellation de sinistre mémoire. Depuis ce lieu est appelé Azerilarre qui signifie “ lande aux renards ”. Aujourd’hui, une croix de rogations installée par l’Eglise souhaite rappeler que les rites païens appartiennent au passé.
Au cours de la guerre napoléonienne d’Espagne, le 13 décembre 1813, cette hauteur occupée par les troupes anglaises fut reprise de haute lutte par les troupes françaises massées autour de Bayonne.
Le même jour, les Français en furent chassés à leur tour et durent regagner leur base de départ, essuyant un cuisant échec. Un tableau se trouvant à la mairie de Mouguerre rappelle ce combat, épisode de la Bataille dite de St Pierre d’Irube. Une souscription lancée en 1917 permit de construire cet obélisque, rappelant les combats livrés dans la région en 1813-1814.
Classée monument historique, elle recèle un mobilier inventorié par le ministère de la culture.

L'église Saint Jean Baptiste dite de type Labourdin présente deux rangs de galeries. Un troisième étage existait mais a aujourd’hui disparu. Cette église fut l’objet de plusieurs restaurations dont certaines sont rappelées sur le linteau de la porte d‘entrée : 1769 et 1825. Au dessus du porche existe toujours un local qui fut la première école de la commune.
Jusqu’au milieu du XVIIIè siècle les notables de la commune étaient encore enterrés dans l’église ou sous le porche. Plus tard, les restes ont été transférées dans un ossuaire et les pierre tombales de la nef ont été enlevés et celles du porche martelées. Aujourd’hui seuls les curés de la paroisse y sont encore inhumés. Le petit cimetière attenant à l’église présente encore de nos jours de très beaux exemples de stèles discoïdales.