Le bombardement de Gernika, lundi 26 avril 1937

Le lundi 26 avril 1937, jour de marché à Gernika, quatre escadrilles de Junkers Ju 52 de la Légion Condor allemande ainsi que l'escadrille VB 88 de bombardement expérimental (composée de Heinkel He 111 et de Dornier Do 17), accompagnées par des bombardiers italiens (Savoia-Marchetti SM.79) de l'Aviazione Legionaria et escortées par des avions de chasse allemands (Messerschmitt Bf 109), procèdent au bombardement de la ville afin de tester leurs nouvelles armes (nom de code opération Rügen). Le bombardement de Gernika est célèbre pour avoir été le premier tapis de bombes et le premier bombardement alternant bombes explosives et incendiaires.
Le bombardement de Gernika, lundi 26 avril 1937
L'attaque commence à 17 h 30 à la mitrailleuse puis aux bombes explosives et enfin aux bombes incendiaires. Après avoir lâché quelque 60 tonnes de bombes incendiaires, les derniers avions quittent le ciel de Guernica vers 20 h. A ce moment, 1/5 de la ville était en flammes, et l'aide des pompiers de Bilbao (3 h après le bombardement) s'avérant inefficace, le feu se propagea à environ 70 % des habitations.
Le bombardement de Gernika, lundi 26 avril 1937

Le bombardement de Gernika, lundi 26 avril 1937
Franco, sous la pression internationale faisant suite aux révélations du Times, affirme, en s'appuyant sur la Dépêche Havas de Gernika, que la Luftwaffe n'aurait pu voler le 26 avril pour des raisons climatiques, et que la destruction de Gernika est due aux Basques républicains qui auraient incendié et dynamité la ville dans leur fuite. Ce mensonge du futur Caudillo fut plus tard reconnu unanimement.
Le bombardement de Gernika, lundi 26 avril 1937
Comment expliquer Gernika ? Elle ne constitue un objectif ni militaire ni stratégique. On oublie souvent que, le 31 mars, le bombardement ravageur de Durango marque le début de l’offensive du général fasciste Mola pour conquérir la Biscaye. Il prône la « guerre d’anéantissement », ce qu’il fait, et Franco « la rédemption des habitants ». Gernika « inaugure » ce nouveau type de guerre afin de démoraliser les populations civiles, et ici de détruire le berceau de la « basquitude », de blesser durablement l’identité basque. Pour les factieux, il faut aussi miner la résistance républicaine de Bilbao, à 30 kilomètres, pour faire tomber la ville ouvrière (le 19 juin) et son potentiel portuaire et industriel. Les gudaris, combattants basques, et les troupes républicaines opposent aux fascistes une résistance acharnée.
Le bombardement de Gernika, lundi 26 avril 1937
En 2004, sur demande expresse d'un député basque, le gouvernement espagnol a même reconnu officiellement la responsabilité du gouvernement de l'époque.
Le bombardement de Gernika, lundi 26 avril 1937